dimanche 17 décembre 2006


J’ai vu le soleil se lever ce matin, rouge sanguin sur les champs enneigés et inondés de Lorraine. Les neiges buvaient avidement ces premiers rayons, souillant avec perversité leur propre virginité, alors que plus loin, les surfaces inondées et glacées repoussaient dans de violents chatoiements ce premier don du disque à peine éclos des lointaines montagnes. Ici et là, de vieux troncs aux formes crochues suaient, éreintés par cette première étreinte avec l’aurore. Dans l’air, comme un long soupir de jouissance échappé des entrailles de la terre.
Et moi, vaincu par cette sublime renaissance, je restais là, mes sens dénudés, livré à l’Amante.

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