Le Soleil n'était pas encore levé, l'obscurité lèchait encore ici et là les durs murs de pierre de la muraille d' Herzibay la cité reine de l'oasis des confins du désert d' Ars. La cité qu'on disait indestructible, forte, puissante, dressant orgueilleusement ses minarets, symbole de la puissance d'Allah. La ville était riche, elle contrôlait
le passage des échanges commerciaux entre musulmans et les peuples de l'extrême orient. Chaque fût, chaque caisse d'objets, de nourriture, de soie était taxée durement par le gouverneur, qui enfermé dans le palais aux douze toits d'or qui surpomblait la ville, amassait toutes ces redevances scrupuleusement, dans ses coffres. Herzibay l'intouchable, Herzibay « la jamais tombée », crachant aux visages des nomades et des pauvres tributs errantes du désert sa force et sa virilité. Herzibay, bastion de la foi d'Allah dans ces contrées envahit par des centaines de dieux et déesses, Herzibay lançant rageusement ses appels divins, du haut de ces minarets plusieurs fois par jour, à chaque fois comme un défi à ce fourmillement de croyances. Herzibay, rouge au matin,comme un rappel de tout ce sang ayant coulé le long de ses murailles, versé par d' imprudents envahisseurs, jaune brûlante au zénith, si brillante que les yeux se détournent de son éclat trouble, bleue au crépuscule, alors illuminée de l'interieur par tous ces feux de gloire et de fierté. Herzibay ce matin là, si sur encore d'elle même, ne savait pas que son destin allait changer et sa puissance sombrer.
lundi 12 mai 2008
Inscription à :
Articles (Atom)