dimanche 19 novembre 2006


" La pensée de ce long voyage me rend triste. N'est-il pas vrai, messire, que cette tristesse est naturelle même quand le voyageur sait qu'au bout de sa route il trouvera le bonheur?"

" O dieux, dieux! comme la terre est triste, le soir! Que de mystères, dans les brouillards qui flottent sur les marais! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au-dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui-là sait! Celui-là sait, qui est fatigué. Et c'est sans regret, alors, qu'il quitte les brumes de cette terre, ses rivières, ses étangs, qu'il s'abandonne d'un coeur léger entre les mains de la mort, sachant qu'elle - et elle seule - lui apportera la paix."

Mikhaïl Boulgakov, "Le Maître et Marguerite"

Ce deuxième extrait fut dicté par Boulgakov mourant à sa femme, en 1940 et rajouté au chapitre 32... hautement émouvantes ces dernières lignes.

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